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"& puis préserver ses doux rêves, tandis que dehors l'horreur fuse." |
Avoir un enfant en 2016, cela implique aussi d'accompagner chaque geste, chaque mouvement du quotidien avec un sentiment insupportable de peur au ventre. La peur au ventre lorsque tu t'apprêtes à prendre le métro, la peur au ventre lorsque tu vas dans des lieux publics bondés, car tu as l'impression d'avoir cette satanée épée de Damoclès qui te nargue juste au dessus de ta tête alors même que tu prends le chemin de ta maison ou que tu fais tes courses.
En ce moment, si tu ouvres le journal tu peux très facilement te laisser submerger par la peur car tu ignores si tu pourras prendre à nouveau ton enfant dans les bras en rentrant du boulot, et même si cela paraît caricatural pour certains, tellement de choses aussi simples deviennent de moins en moins évidentes, à rebours que le climat d'inquiétude se répand.
Mardi, j'ai allumé ma télévision et les informations qui fusaient étaient d'une violence inouïe, laissant entrevoir à travers les mots des journalistes, les images qui s'accumulaient sous mes yeux estomaqués le degré d'horreur vécu par ces innocents qui ont perdu la vie, un de leurs proches, ou bien tout simplement en deuil de leur insouciance.
Avoir un enfant en 2016, c'est culpabiliser de constater que nous laissons aux générations futures un monde bâti sur des piliers d'argile, dont la fragilité n'a de cesse d'être démontrée au fur et à mesure des faits divers glaçant animant les débats.
Avoir un enfant en 2016, c'est comprendre que malgré toute notre bonne volonté nous ne pourrons jamais protéger notre chair H24 tout le long de son existence, et qu'il faudra l'armer d'une curiosité sans égale pour que son goût d'apprendre n'en soit que plus fort, pour qu'il puisse développer sa propre capacité de discernement. Car après tout, avoir un enfant en 2016, c'est une forme d'espoir voire de rébellion. C'est l'espoir de laisser au monde une génération plus audacieuse, dotée d'un atout des plus subversifs : sa capacité d'être libre.
Avoir un enfant en 2016, c'est le rejet de se priver d'instants de grâce, de bonheur, c'est dire à ces monstres que face à la mort, on choisit la vie. C'est pouvoir prendre son enfant dans les bras, et toujours lui dire combien il/elle compte pour nous... idem pour le reste de ses proches. C'est comprendre l'importance de dire les choses, car rien ne sera plus comme avant.
C'est vivre nos moments de joie, de peine, d'inquiétude, de déception, sans jamais se laisser submerger par la haine.
D'ailleurs, on vous la laisse cette haine.
On a bien trop à faire à aimer la vie, à s'aimer tout simplement...
A nos amis bruxellois,
à nos frères et sœurs qui partout dans le monde, sont opprimés par la haine...
On a bien trop à faire à aimer la vie, à s'aimer tout simplement...
A nos amis bruxellois,
à nos frères et sœurs qui partout dans le monde, sont opprimés par la haine...
Une maman ordinaire.

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