vendredi 1 avril 2016

Avoir un BABI (bébé aux besoins intenses)


Dans une société où la norme prône la séparation de plus en plus précoce de maman et bébé, difficile de trouver ses marques en tant que jeune maman lorsque son enfant est un « bébé aux besoins intenses ».
Les premiers mois de la vie d'un enfant sont parfois très compliqués à vivre en ce qui concerne la construction de la relation avec les parents, a fortiori lorsque la vie de famille est déséquilibrée par  un nouveau né qui vit littéralement dans les bras de ses parents.


Qu'Est-ce-qu'un BABI ?

Ce terme est très discuté et controversé chez les pédiatres. Créé dans les années 1980, il désigne les bébés qui, comme son nom l'indique ont des besoins de contacts intenses et qui réclament énormément de portage et de présence de ses parents. Souvent incompris, les parents qui répondent aux besoins de leur enfant essuient très souvent les reproches de leurs proches (famille et amis) qui ne comprennent pas qu'ils « cèdent » aux pleurs -pourtant justifiés- du nourrisson.
A travers cet article j'ai pour ambition d'aborder ce sujet car ma fille Elena est un b.a.b.i, et j'ai vécu les débuts de ma vie de maman comme un réel marathon aussi éprouvant physiquement que psychologiquement. Dieu sait si j'aime ma fille, mais je ne dirais jamais assez que devenir mère m'a confronté et me confronte toujours à mes propres limites.

Comment vivre avec un b.a.b.i ?

Un b.a.b.i pleure énormément, on dirait presque « pour un rien ». Impossible de le coucher dans son lit, dans son parc. Impossible d'aller aux toilettes, à la douche ou même de manger sans qu'il ne pleure... cela met nos nerfs à rude épreuve, et c'est bien normal. Il ne s'endort que sur maman (ou papa parfois) uniquement s'il sent le rythme cardiaque de maman et s'il est rassuré par son souffle à proximité. Dans l'article que j'ai rédigé sur les trois premiers mois avec bébé je décris dans le détail ce qui était mon quotidien avec Elena les premiers mois de sa vie. J'étais littéralement exténuée.
En réalité, avec le recul et à force de me renseigner sur la question, j'ai compris que tous les bébés ont des besoins forts de contact. Certains l'expriment de façon plus forte que d'autres, mais le problème ne réside pas dans les pleurs de bébé, mais dans notre mode de vie. En effet, on ne connaît ce « problème » que dans les sociétés occidentales, car culturellement, les jeunes parents sont beaucoup plus isolés tandis que dans le monde oriental, les familles s'entraident plus, et les bébés ne connaissent pas ce problème car ils sont souvent portés par les femmes de la maison qui n'hésitent pas à se passer le relais. Cela permet à la jeune maman de souffler et aussi au bébé de ne pas se sentir mis de côté. La pratique du cododo aussi est beaucoup démocratisée, et on ne se pose pas la question de savoir si il y a « trop de contact ». Nos divergences de mode de vie ont une influence non négligeable sur la façon d'appréhender l'accueil d'un bébé, et le portage reste, une des principales solutions au problème.
A force de patience, les choses s'arrangent au fil des mois car le nouveau né prend confiance en son nouvel environnement. Cela peut durer un certain temps, c'est pourquoi j'ai voulu poster une vidéo d'une émission très intéressante qui traite sur le sujet, afin de rassurer les jeunes parents qui sont dans la même situation. Et pour les aider, avant tout, à mieux cerner l'origine du "problème".




En bref, vous l'aurez compris, être parent n'est jamais de tout repos, mais n'oubliez pas qu'il est normal de se sentir parfois exténué(e). De toute évidence, nous ne sommes que des êtres humains, alors dans les moments où vous sentez que vous allez craquer, comme le dit justement le pédiatre dans la vidéo ci dessus, n'hésitez pas à contacter un proche, poser bébé dans son lit et souffler un bon coup... Les premiers temps sont difficiles, je ne vous l'écrirais jamais assez, vous pouvez déculpabiliser de perdre patience... et surtout réalisez que c'est une situation tout à fait normale, le temps faisant bien les choses vous verrez assez rapidement que le jeu en vaut la chandelle. 
De mon expérience, je retiens que ma fille a été un bébé "très difficile" surtout les 3 premiers mois et le fait que je m'en occupais quasi exclusivement n'aidait en rien à ce que mon "baby blues" s'efface. Le papa travaillant beaucoup à l'époque, l'incompréhension me rongeait ainsi que la solitude.  A force de dialogue, nous avons passé le cap avec brio. Avec beaucoup d'amour et de respect des volontés de l'autre, il est beaucoup plus facile de franchir cette étape du premier trimestre de bébé.
Maintenant qu'Elena arrive à ses 7 mois, la situation est bien différente notamment parce que mon conjoint est beaucoup plus disponible mais aussi parce que je constate que ma fille est plein d'assurance, ce qui l'a fait gagner en autonomie.  Pour le coup, je ne regrette absolument pas d'avoir répondu présente à ses appels larmoyants, car au final, elle est devenue un bébé jovial et épanoui qui nous émerveille encore plus chaque jour qui passe. Je crois avec ferveur qu'il reste primordial de rassurer son enfant pour qu'il se sente en sécurité dans son environnement post partum, et surtout comprendre qu'il ne parle pas le même langage qu'un enfant de cinq ans. Ainsi, il vous apparaîtra plus facile de réaliser qu'un nouveau né n'a pas la notion de caprice, mais qu'il  ressent seulement ce besoin incommensurable et unique de vous avoir auprès de lui. :) 


Une maman  ordinaire.

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