samedi 6 février 2016

Vous avez dit "baby blues"?


Le baby blues ... Un bien petit mot pour décrire des maux bien réels. Grand nombre de jeunes parents ressentent un profond malêtre suite à l'euphorie de la venue au monde de leur enfant. Quotidien difficile, désillusion... Sont autant d'éléments contribuant à alimenter un climat peu propice à la valorisarion de sa propre estime de soi.
Pour le définir en image, c'est comme si vous observiez votre reflet à travers un psyché déformant... Et qu'en dehors de vous, c'est votre rapport à votre bébé qui en est affecté. 

Je tenais absolument faire un article sur le sujet car même si tous les parents ne sont pas concernés par la question j'estime que cela reste un sujet incontournable relié à la thématique de la maternité. 
Ici, je souhaite simplement vous partager mon expérience, car je sais que ma curiosité m'a permis de me renseigner sur la question et qu'à l'époque j'ai été rassurée de voir que je n'étais pas un cas isolé et que cela peut faire partie du processus de construction de votre famille. Voici quelques anecdotes qui, je l'espère en aidera parmi vous en vous montrant peut être que vous n'êtes pas seul(e)s.


1/ La rencontre avec bébé :

Ce qui m'a le plus frappée à la naissance de ma fille -outre ce sentiment d'avoir été touchée par la grâce divine- c'est sûrement cette impression quelque peu bizarre de ne jamais avoir été réellement préparée à un tel chamboulement.
Si la rencontre mère/enfant est une chose merveilleuse, elle n'en reste pas moins synonyme d'invasion de mille doutes et questionnements existentiels sur ce fameux statut de mère qui parfois peut nous effrayer. 
Je n'ai pas sentie tout de suite mon "baby blues" arriver. Plutôt euphorique dans les premiers temps, j'ai accueillie ma fille dans la plus grande joie. Les premiers signes ce sont manifestés par la réalisation de mon rôle manifeste dans la protection de ce petit être doté d'une évidente fragilité, qui pour moi fut une bien trop grande responsabilité à endosser d'un coup. La fatigue de deux journées / nuits de contractions oblige, mon homme n'a pas dormi à la maternité la première nuit suivant la naissance d'Elena. Ayant des obligations professionnelles, il devait donc rentrer se reposer à la maison pour pouvoir les assurer ensuite.
Cette première nuit fut très anxiogène pour moi. 
Jusqu'alors habituée par les allers et venues des visites de nos proches et des personnels de la maternité, je ne m'étais pas préparée à rester seule avec ma fille aussi rapidement. C'était bien évidemment normal, mais je n'étais psychologiquement pas prête. Pendant la nuit, impressionnée puis désemparée par ses cris stridents et pleurs inconsolables, j'ai été prise de panique. J'ai appelé une des puéricultrices qui -aimable comme une porte de prison- est venue prendre la température de la petite. Elle m'a tout simplement fait comprendre qu'un bébé "ça pleure" et que tout ce que j'avais à faire c'était de la garder contre moi. À ce moment j'ai compris, que ce petit bout de chou dépendait de moi seule, et qu'il fallait que nous apprenions à nous apprivoiser mutuellement.


2/ Une remise en question totale :

La difficulté que j'ai rencontrée les jours suivants a été ma position sur cette petite planète, abritant autant de merveilles que de faits divers qui me glaçait le sang. En allumant la Tv, je me sentais submergée par les informations qui venaient à moi : "maltraitance domestique, infanticide, affaire de pédophilie..." Autant d'éléments qui alimentaient mes craintes et la pression que je me mettais toute seule; ici, mon processus d'auto-culpabilisation s'était enclenché. 
"Comment ai-je pu mettre au monde un être aussi pur sachant que cette planète regorge de criminels, d'êtres infâmes et dégoûtants?"
"Vais-je être à la hauteur de cette mission de protection?" 
"Est ce que je mérite ma fille?"
Autant de questions existentielles, qui me confondait l'esprit dans un tourment inhabituel... Moi qui, les mois précédents mon accouchement me languissait de tenir ma fille dans mes bras, je commençais à douter devant le fait accompli. Je doutais non pas de mes sentiments envers elle, mais de la solidité de mes épaules. Serai-je à la hauteur de cette tâche qui m'a été confiée? 


3/ Une solitude rongeante :

Dans l'ensemble, mon séjour à la maternité a été agréable. Bien entourée, j'appréhendais beaucoup mon retour à la maison. Une fois rentrée, je me sentais bien tant que mon fiancé n'était pas au travail. Le problème, c'est qu'il travaillait beaucoup et moi, je faisais face à mes propres limites. Bébé pleurait beaucoup et ne trouvait le sommeil que dans mes bras... Les premières semaines étaient excessivement éprouvantes et bien moins idéales que ce que je m'étais imaginé en étant enceinte. Bien évidemment, j'aimais ma fille plus que tout et elle me procurait des instants de joie intenses, mais la jeune femme au caractère bien trempé que j'étais se confrontait à quelque chose d'inédit : pour la première fois, j'étais subjuguée.
Chaque jour me donnait l'impression de surpasser mes limites un peu plus, et ce petit être qui me réclamait me confrontait à un amour profond : j'étais son monde, elle devenait le mien. 
Progressivement, de l'incompréhension de nos sentiments nous passions à la fusion. Le problème de cette fusion aussi animale que nécessaire c'est qu'elle a tendance a laisser pour compte celui sans qui rien de ce qui s'est produit n'aurait pu être : le papa. A force de solitude, je lui "reprochais" ses absences dues au travail. Le problème dans ce genre de schéma, c'est que l'on fait face à une sorte de transfert de culpabilité assez malsaine qui me servait à "vider mon sac". En l'occurrence, enfermée dans ce cercle vicieux je ne me rendais pas compte que je "nidifiais" en dehors de son champ d'action et que de ce fait, il lui était impossible d'avoir sa place de père.
Je lui reprochais ce que je ne lui laissais pas faire, de même que je me reprochais à moi même ce qui pouvait arriver dans un monde hypothétiquement hostile.


4/ Du bénéfice du lâcher-prise :

Les premières semaines sont assez éprouvantes tant sur le plan émotionnel que sur le plan physique. Le manque de sommeil, la raréfaction des moments de temps libre et d'activités extra-maternage contribuent à accentuer ce mal-être que beaucoup de femmes (et d'hommes également) peuvent ressentir. Celui-ci peut se manifester de plusieurs sortes selon les personnes, et j'ai essayé de vous décrire au mieux mon expérience.
Ce que j'ai pu retenir de tout cela, c'est que c'est le "lâcher-prise" qui m'a permis de sortir de de cercle vicieux. 
Avoir un enfant c'est une chose vraiment formidable, il faut le vivre pour réaliser à quel point cette expérience incarne le Bonheur. Bien souvent, c'est lorsque l'on est confrontés à des choses positives que l'on réalise que nous manquons de savoir-faire quant à la façon d'accueillir ce Bien. En réalité, je crois que cette frustration de ne pas savoir comment s'y prendre alimente grandement le manque d'estime de soi et le problème, c'est que les hormones n'aident en rien la survenance d'un apaisement.

Ce que j'ai appris c'est que faire un enfant ça ne rapproche pas un couple de façon inné, parfois c'est bien tout le contraire. Cependant, l'amour existant à la base consolide la relation de couple à force de dialogues, et je ne saurais que trop conseiller aux personnes qui lisent cet article et qui se sentent concernées par cette question d'entamer des discussions à cœur ouvert avec vos proches : vos conjoint(e)s, vos familles et amis, la PMI la plus proche de chez vous... Trouvez une oreille attentive, rares sont ceux qui vous jugeront. Cela reste la meilleure façon de lâcher prise et d'accepter qu'en réalité, la parentalité est chose humaine, et comme chez tous les êtres humains , la perfection n'existe pas. 
Avec le temps, toute la volonté du monde, et la considération de chacun, tout finit par rentrer dans l'ordre. C'est promis ;)

Voilà j'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à nous partager votre expérience en commentaire ou sur la page facebook.
Bon week-end à vous !


Une maman ordinaire. 

jeudi 4 février 2016

Ces conseils remplis de bonnes intentions qui nous agacent...


Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd'hui je vais vous parler d'un sujet qui se veut assez léger mais qui peut tout de même vexer plus d'un membre de nos familles respectives... j'ai nommé les conseils "bien intentionnés" qui ont le chic de nous agacer que l'on soit enceinte ou jeune maman. 
Au risque de passer pour une sauvage, je tiens quand même à préciser que même si le fait d'être entourées nous rassurent, Messieurs-dames, svp, pensez tout de même que chaque maman est différente et seule une maman sait au fond d'elle ce qu'il y a de meilleur pour son enfant.  Vous l'aurez compris, ici, il est question de parler de cette fâcheuse tendance qui se propage comme un virus en hiver : la culpabilisation... mais sans rancune les amis, car nous savons que vous voulez bien faire ! :)

1/ Ces tétées rapprochées qui insupportent nos proches :

 "Mais il n'arrête pas de pleurer ce bébé, tu n'as pas assez de lait, donnes-lui un biberon"

Quoi de plus agaçant pour une femme qui vient de passer une nuit au sommeil chronométré, que d'entendre de la part de son tonton Henry que son bébé manque de lait? Comme dit dans un article précédent, l'allaitement ça peut prendre beaucoup de temps à se mettre en place, et cela requiert une patience à toute épreuve. Pour les mamans plus que motivées à poursuivre l'allaitement, le maître mot, c'est de vous faire confiance, et de surtout faire confiance à bébé. S'il vous réclame, c'est qu'il a ses raisons. Sachant qu'une tétée peut être synonyme d'un câlin pour un nouveau-né, ne vous inquiétez pas, les choses finissent toujours par se poser  avec le temps... :)

2/ Les adeptes du cododo, ces parents "inconscients"... ;) : 

"Mais tu n'as pas peur de l'écraser en dormant? Chacun son lit c'est meilleur pour tout le monde."

Oui c'est meilleur pour tout le monde, sauf quand tu t'es tapé deux nuits blanches d'affilée et que bébé a décidé de répartir ses casse-croûtes à 1h, 2h et 3h15 du matin. Alors oui, il se peut qu'arrive ce beau jour, où, la chambre de bébé devient une pièce témoin et que bout'chou intègre la chambre, voire le lit de ses parents... Rassurez vous, la Nature est très bien faite. Une maman allaitante sécrète de l'ocytocine, une hormone miracle qui a tendance à donner envie à maman de s'assoupir en même temps que son bébé, et à rendre son sommeil d'autant plus réparateur. Elle permet à Maman d'être à l’affût au moindre gémissement de bébé (là c'est mon expérience personnelle qui parle), et à ce qu'elle se réveille au moindre problème. Dans la mesure où bébé est toujours placé du côté de maman, et qu'il ne risque pas de chute depuis le lit, il n'y a pas de raison pour qu'il y ait de problème. 
Pour les adeptes du biberon, sachez qu'un cododo bien encadré est totalement "safe". Pour plus d'informations  : allez ici et ici. 


3/ Les amis diététiciens dans l'âme :

"Mais il n'est pas trop jeune pour les petits pots ce bébé?"
"Tu devrais lui faire les purées toi-même, va chez biocoop"

Car comme toute mère ordinaire qui se respecte, il arrive ce jour fatidique où l'on se trouve confrontée à une dure réalité, via laquelle on culpabilise de voir cette nana Super Maman méga bien organisée qui a toujours le temps de faire elle-même les petits pots de ses jumeaux,  tout en étant à jour dans ses lessives et même dans son épilation de maillot. Pendant ce temps, les mamans comme moi, on a les cheveux gras, et chez nous, la vaisselle s'accumulant dans l'évier laisse apercevoir un panier à linge archi plein... alors la question des purées maison... elle est bien vite réglée! Mais c'est pas grave, car les p'tits pots sont là pour nous épauler ^^.

"Enceinte, il faut prendre un kilo par mois"

Oui car c'est bien connu, en plus d'avoir des maux de grossesse dont je tairais la liste, il faut en plus surveiller ce que l'on mange et ne pas trop grossir. Et ma main dans ta gueule, elle reste fit elle?


4/ Les amis pédopsychiatres diplômés de l'université de Yale :

"Laisse le bébé pleurer, sinon tu vas activer un processus d'autosatisfaction qui va le rendre capricieux..."
"J'ai entendu parlé de  la technique miracle des 5,10,15 ... tu devrais essayer sur la petite, je suis sûre qu'elle va s'endormir seule!"
"A trop la porter, tu vas nous en faire une petite fille dépendante accrochée à sa mère H24..."

On a toutes dans notre entourage cette personne archi bien renseignée, qui a lu beaucoup d'articles de psychologie infantile, et qui, sous l'égide d'un dogme manichéen essaiera de nous enseigner par A+B que "Caprices, c'est fini" (à défaut de Capri... oui c'était une blague!) et qu'un bébé qui pleure "sans raison apparente" est fondamentalement en train de tester son rapport de domination à autrui.
Dieu merci, de nos jours, on ne laisse plus pleurer les bébés pendant des heures et grand nombre de pédopsychiatres et pédiatres préconisent au contraire de rassurer les petits pour booster leur estime de soi, et la relation de confiance qui s'instaure entre les parents et bébé les premiers mois.


En outre, ici, j'essaie de parler des conseils récurrents que j'ai pu entendre à maintes reprises en devenant maman, et au lieu de perdre patience, j'ai décidé d'en rire... et ça fait du bien!
Prenez du recul mes petites mamans :) sachez rester ZEN et surtout : écoutez-vous.

N’hésitez pas à commenter en nous partageant vos coups de gueule! Vous verrez, ça fait du bien ^^ 

Une maman ordinaire.

Grossesse, ce qu'on ne nous dit pas...


Cet article a pour ambition de parler de la grossesse sous un regard beaucoup moins conventionnel, on est loin de tout ce que votre entourage peut vous dire. Personnellement, j'ai adoré être enceinte, j'ai vécu ma grossesse comme la plus belle période de ma vie, et je me suis vraiment épanouie pendant ces neuf mois. Cependant, je pense qu'il est grand temps d'arrêter de se contenter des expressions d'usage du type « tu verras, être enceinte c'est dur que les derniers temps », car je pense qu'il faut que les futures mamans ou les femmes qui projettent simplement d'avoir un bébé sachent qu'il y a pas mal « d'effets secondaires » qui ne sont pas très très désirables, et auxquels on ne s'est pas forcément préparées... comme suivent :

1/ La fatigue de la femme enceinte, tous trimestres confondus :

Lorsque j'ai su que j'étais enceinte je ne m'étais pas forcément préparée à connaître un tel désordre hormonal. Je ne pensais pas pouvoir ressentir tout et son contraire en l'espace d'un instant, et surtout, une fatigue d'une telle intensité par moment. Ce qui m'a le plus marquée, c'est cette capacité que j'avais à me réveiller certains matins avec une forme olympique tout en me rendant à l'évidence une poignée de minutes plus tard car j'étais frappée d'un coup de barre monumental. Ce qu'il faut savoir en réalité, c'est qu'il arrive un certain stade pendant la grossesse où l'on ne peut absolument plus rien prévoir de concret car on ne sait jamais dans quel état l'on peut se retrouver le lendemain. L'avantage lorsque l'on décommande une sortie avec ses ami(e)s, c'est qu'on ne nous en veut jamais. Il est vrai que s'il existe bien un avantage inhérent au fait d'être enceinte, c'est cette immunité limite « diplomatique » dont nous bénéficions pendant notre grossesse. On nous pardonne tout ou presque.


2/ Le glamour d'une femme enceinte : entre incontinence urinaires et flatulences...

Je sais que je risque gros en écrivant cet article car je dois mettre mon amour propre de côté ainsi que mon image de petite princesse que j'essaie d'entretenir. Mais il est grand temps de pointer un élément ou deux qui ont perturbé ma vie de femme enceinte : les fuites urinaires et les flatulences. Non vous ne rêvez pas, vous avez bien lu. Une femme enceinte souvent (car certaines chanceuses échappent à ce genre de petites mésaventures) peut souffrir de fuites urinaires dues à l'affaiblissement du périnée. Heureusement, après la grossesse l'on est souvent débarrassées de ce soucis, et la rééducation du périnée permet de corriger ce désagrément quotidien.
Pour ce qui est des flatulences, elles sont quant à elles provoquées par des tracas digestifs dus à la progestérone produite par le corps de la femme enceinte. Rassurez-vous Mesdames et surtout rassurez vos hommes, cela ne survit pas à l'accouchement. Une fois bébé né, tout revient naturellement dans l'ordre. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver des infos ici et ici.


3/ De la nausée matinale à la fringale nocturne : un lien de causalité ?

Lorsque l'on parle de maux de grossesse, il est vrai que les nausées matinales font partie des premiers éléments qui viennent à l'esprit de tout-un-chacun.
Je tenais quand même à préciser qu'elles peuvent être très importantes et durer tout le long de la grossesse. Pour ce qui est de mon expérience personnelle, j'ai malheureusement eu des nausées très fortes tout au long du premier trimestre, et elles sont revenues vers la fin de ma grossesse. Je précise qu'elles ont été très fortes car au lieu de prendre du poids les trois premiers mois j'avais perdu 4 kg tellement j'étais écœurée par certains aliments. Cependant, s'il est possible de perdre du poids les trois premiers mois, Dame Nature a prévu que nous récupérions les kilos perdus très facilement lors des deuxième et troisième trimestre. Donc, n'ayez aucune crainte mesdames ! La balance vous rappellera bien assez tôt ce qu'est d'être une femme enceinte. Vos fringales également... car sans vouloir faire de généralité (chaque grossesse reste unique), il est assez fréquent que les femmes enceintes soient victimes de razzias dans leur frigo à des heures assez aléatoires de jour comme de nuit. Avec des envies plus fantasques les unes que les autres ; personnellement, je n'ai jamais autant bouffé d'épis de maïs qu'en étant enceinte !


4/ L'inconfort permanent

Ici, comprenez les douleurs au dos, au ventre, qui nous gâchent gentiment les moments les plus simples de notre existence... :) 
La plus grosse difficulté pour une grande dormeuse comme moi, c'est de ne pas avoir pu trouver le sommeil facilement pendant ma grossesse. En effet, bébé avait la fâcheuse tendance de me faire mal aux côtes en position assise, mal au dos en position debout, d'appuyer sur ma cage thoracique en position allongée et de ce fait me couper la respiration... En bref, lorsque je voulais m'allonger je n'avais d'autre choix que de me placer sur le côté gauche avec une jambe au dessus du coussin d'allaitement. C'est vous dire si mon bras gauche était engourdi... Mais je n'en avais que faire, tout ce qui comptait, c'était que je dorme. Point final.


5/ Le Gaviscon : meilleur ami de la femme enceinte

Les brûlures d'estomac m'ont littéralement traumatisée pendant ma grossesse et si je prends le temps de l'écrire c'est pour prévenir les futures mamans que c'est un inconfort permanent. Ça a l'air un peu anodin comme sujet mais je peux vous garantir que ça peut vite pourrir la vie de n'importe quelle femme. Alors à toutes les (futures) femmes enceintes je n'ai qu'un conseil à vous donner : investissez dans du Gaviscon, vous me remercierez plus tard ^^


6/ Le rejet du monde du travail

Dernier élément … mais pas des moindres. Je sais que cela peut paraître un peu bizarre aux yeux de certaines personnes d'évoquer le mot travail lorsque l'on est enceinte et que la majeure partie du temps l'on pense plus à se reposer qu'à travailler (ce qui est tout à fait normal). Cependant, il est des circonstances où l'on n'a pas trop le choix d'essayer (et j'insiste sur le terme « essayer » car rares sont les personnes qui veulent bien laisser sa chance à une femme enceinte) de trouver du travail. Étant étudiante, il me fallait une source de revenus régulière car mon compagnon avait perdu son emploi et les fins de mois devenaient assez difficile... Du coup j'avais entamé une recherche d'emploi en étant enceinte qui s'est avérée infructueuse (même pour de simples CDD), alors que le fait d'attendre un enfant ne représente en rien une maladie et que j'étais tout à fait capable de travailler. J'espère juste de tout cœur que les mentalités changeront au fil des années et que l'on observera moins la grossesse comme une sort e de « maladie » dans le monde du travail. On ne peut que s'indigner de constater qu'en dépit d'une grande motivation et de l'obtention de diplômes, le fait de trouver du travail s'avère compliqué pour les femmes enceintes de nos jours. Là où la venue d'un enfant pourrait être vue comme un élément non négligeable dans la fiabilité de la salariée puisqu'elle fera tout pour garder son emploi, il est vu en réalité comme une tare, ni plus ni moins. En tout cas la discrimination à l'embauche existe réellement, et je pense qu'elle motive d'autant plus mon choix actuel de ne pas re-postuler auprès de ces entreprises qui m'ont proposée de revenir une fois que mon bébé était là car ce n'était pas à ce moment que j'avais besoin le plus de travailler. 
L'avantage de ce genre d'expériences c'est que cela nous pousse à faire un choix plus éthique dans notre orientation professionnelle à venir. Pour ma part, avant d'être maman, je ne me posais pas trop la question de savoir quelle philosophie de recrutement adoptait l'entreprise que j'allais intégrer. Désormais, je sais que je ne reviendrai pas auprès de ces employeurs malgré leur proposition car j'estime que de nos jours il faut savoir faire preuve d'intégrité, même si évidemment cela n'est pas chose évidente financièrement.  En espérant que les mentalités patronales changent... 



J'espère que cet article vous a plu, en tout cas si vous avez des suggestions n'hésitez surtout pas à commenter et partager vos "mauvaises surprises grossesse", je me ferais un plaisir de vous lire :) 




Une maman ordinaire.


mercredi 3 février 2016

Allaitement : ces non-dits qui désillusionnent ...



Bonjour à toutes et à tous,


J'écris aujourd'hui au sujet d'un topic qui tend à la controverse : j'ai nommé l'allaitement maternel.

Oui, oui, je dis bien controverse... car on lit tout et n'importe quoi sur la toile, et on trouve toujours quelqu'un dans son entourage qui ne trouve pas mieux à faire que de dissuader les jeunes mamans. Et plus le temps passe, plus je me rends compte que j'ai bien fait de n'en faire qu'à ma tête en n'écoutant pas mon entourage proche comme lointain. J'avais décidé enceinte de m'en remettre à cette chose merveilleuse que Dame Nature nous a gracieusement offert : l'instinct. Et c'est plutôt réussi! Ceci dit, ça ne suffit pas.
Je m'explique pour les toutes jeunes mamans inquiètes et les futures mamans  qui se sentent concernées par le sujet : ma fille a 5 mois, c'est un beau bébé bien potelé, et bien que la diversification alimentaire ait commencé depuis peu, je l'allaite toujours. Si ça paraît être un exemple d'allaitement réussi, c'est parce que j'ai persévéré les premiers temps... Etant mal renseignée car j'avais raté mon cours de préparation à la naissance qui traitait ce sujet, j'ai été confronté à la naissance de ma fille à certains maux qui ont failli me décourager.
Pour vous épargner certains moments de doutes, de tortures introspectives Mlles et Mesdames, j'ai décidé de vous écrire ici, ce que beaucoup ne disent pas par peur de passer pour des "mauvaises mères" ou pour tous les qualificatifs que M. ou Mme Toutlemonde peuvent bien utiliser quand il est question de descendre un être humain qui doute de soi.


Alors, Mlles, Mmes, je vous l'écris, et je n'ai aucunement honte de l'écrire, l'allaitement c'est merveilleux, comme vous l'a sûrement dit votre super copine Vaness' qui a son bout'chou dans les bras ... mais ce qu'elle omet de préciser, c'est qu' avant tout, si c'est un acte de fusion inégalée entre la mère et son bébé, ça reste un acte qui nécessite une générosité certaine, un dévouement qui parfois, surtout sur les débuts peut nous mettre à rude épreuve. Et c'est une maman qui a failli ne pas allaiter qui vous l'écris, et ce, pour plusieurs raisons:



1/ L'allaitement ça peut piquer ! 

Oui, oui ... littéralement. Quand j'ai commencé à allaiter je ne m'attendais pas à avoir une sensation désagréable de picotements quand mon lait ou colostrum allait sortir... Sachez-le Mesdames, ce n'est pas une partie de plaisir. Et même à l'heure actuelle, ma fille a beau avoir cinq mois, je ressens toujours ce picotement à chaque montée de lait. Je vous rassure, on s'y fait, mais au début, c'est désagréable.


2/ L'allaitement ça provoque des contractions utérines les premiers temps.

Aaaah les premières joies de l'enfantement... ça passe aussi par cela.. Comme si l'accouchement n'était pas assez éprouvant, les premières tétées sont souvent synonymes de contractions utérines, pas très douloureuses, mais qui permettent que votre utérus reprennent une taille normale plus rapidement. La Nature est très bien faite, mais elle a omis de nous épargner parfois.


3/ Quand on positionne mal bébé, les crevasses se forment.. Et là, on pleure de douleur.

Je tenais absolument à partager mon expérience de l'allaitement car si j'ai passé le cap c'est parce que mon allaitement a été sauvé par une sage femme. Oui, oui... Je me souviens à la maternité, les premiers jours, quand ma fille est née, j'avais tendance à mal la positionner pour lui donner le sein. C'est comme ça que des crevasses se sont formées et que j'ai pleuré de douleur la deuxième nuit suivant la naissance d'Elena. Pour toutes les femmes qui vont accoucher je ne peux que trop bien vous conseiller d'acheter une crème à lanoline à mettre impérativement dans votre valise maternité, ainsi que de regarder ce lien ou cette vidéo, vous permettant de voir les différentes positions pour l'allaitement. En espérant vous éviter de vous tordre de douleur quand bébé prendra ses premières tétées.


4/ L'allaitement, ça met du temps à se mettre en place. Et c'est normal.

C'est certainement le point le plus difficile à intégrer quand on est jeune maman. Il faut savoir s'armer de patience. Et la patience, souvent, trouve ses limites quand on a sommeil.  Les premières semaines de la vie de ma fille ont été synonyme de beaucoup de joie, comme de beaucoup de moments de doute. En effet, très souvent, je lisais des témoignages de mamans dont les bébés dormaient rapidement seuls dans leur lit, ou qui dormaient plusieurs heures d'affilé sans broncher. Personnellement, ma fille a mis ma patience à très rude épreuve car j'ai dès le début eue la sensation de passer ma vie à avoir mon bébé au sein. Les premières semaines, ma fille prenait une tétée toute les heures, c'est dire si mes nuits étaient courtes et si j'étais à fleur de peau. J'ai souvent songé à la sevrer et la mettre au biberon, jusqu'au jour de son premier rendez-vous prénatal ou j'ai vu que le pédiatre me disait qu'elle avait bien pris du poids -voire "un peu trop"lol- (+1,700 kg) , et que de ce fait je pouvais commencer à espacer les tétées de 2 à 3h. Ce sentiment de fierté que j'ai ressentie m'a redonné confiance en moi, et m'a conforté dans l'idée de ne pas écouter mon entourage qui me disait de la mettre au biberon car elle demandait trop souvent, surtout en période de pic de croissance.

Mesdames, sachez une chose. Ce n'est pas que vous manquez de lait. C'est que votre lactation s'adapte aux besoins de votre bébé, et que de toute évidence, si bébé réclame beaucoup dans ses périodes dites "pics de croissance" votre lait va ensuite s'enrichir pour s'adapter à ses besoins nutritionnels. Faites vous confiance, adoptez une attitude zen. Dans ces périodes difficiles où bébé réclame beaucoup le sein, n'hésitez pas à vous poser avec bébé dans votre lit ou canapé, devant la tv ou avec votre bouquin favori, et allaitez à la demande. Au bout de deux ou trois jours, tout rentrera dans l'ordre.


5/ L'allaitement en public : ça gène certains passants.

Malheureusement, le corps de la femme est souvent instrumentalisé comme un objet, et, là où voir une paire de seins pour vendre des yaourts ça ne choque plus grand monde, vous trouverez parfois, un petit quota de personnes bien-pensantes qui font la guéguerre aux mamans qui allaitent en public. Le débat fait souvent rage sur les réseaux sociaux, sur la toile, personnellement je ne saurais que trop vous prévenir de certains regards accusateurs pour les avoir quelque fois subis. Mais dans tous les cas, vous n'avez pas à rougir Mesdames car l'allaitement -aussi difficile soit-il dans les débuts- reste un acte d'amour réciproque et de partage unique avec votre bébé. Ne vous privez pas d'une si belle chose à cause d'une poignée d'abrutis qui sont noyés dans leur propre obscurantisme. N’hésitez pas à prendre avec vous une petite couverture pour vous cacher quand vous donnez le sein dehors, vous verrez qu'il est possible d'allaiter dans la pudeur et sans encombre. Ne vous inquiétez pas du regard des autres. L'important, c'est vous et votre bébé.


6/ La montée de lait, c'est pas très sexy.

Si l'on m'avait dit, il y a deux ans, qu'en dormant en tenue d'Eve, je serais réveillée par un micro jet de lait sur la figure... j'aurais explosée de rire. Ceci dit, quand ça arrive en pleine  phase de sommeil paradoxal, je peux vous garantir que ce n'est pas très drôle. Moralité : toute maman allaitante a comme seconde peau ses soutiens-gorges et coussinets d'allaitement. N'en déplaise à vous Messieurs qui devrez vous contenter de voir votre Chère et Tendre dans des ensembles certes pas très sexy, mais qui auront le mérite de prévenir tout risque d'arrosage automatique (car même pendant les câlins, la lactation adore être un élément perturbateur ;) ).


Ma liste non exhaustive rédigée, je tiens à rajouter tout de même que malgré ces petits désagréments, l'allaitement est pour moi une expérience magnifique qui m'a aidé à apprendre le vrai sens du mot "donner". Aussi contraignant soit-il, il m'a permis d'instaurer une relation mère/fille très fusionnelle et pour rien au monde je ne reviendrais sur cela. Je suis fière d'avoir persévéré, bien que je puisse comprendre que cela en décourage plus d'une. 
Pour tout renseignements techniques je ne peux que vous renvoyer sur un site qui m'a beaucoup aidé dans les premiers temps, celui de la Leche league qui je pense est une excellente référence en la matière.

Voila pour ma part ces quelques éléments que j'aurais aimé savoir avant d'avoir ma fille. J'espère que cet article vous a plu et si vous voyez d'autres "non dits" n'hésitez pas à partager votre expérience en commentaire ! A très vite ^^


Une maman ordinaire.