mercredi 3 février 2016

Allaitement : ces non-dits qui désillusionnent ...



Bonjour à toutes et à tous,


J'écris aujourd'hui au sujet d'un topic qui tend à la controverse : j'ai nommé l'allaitement maternel.

Oui, oui, je dis bien controverse... car on lit tout et n'importe quoi sur la toile, et on trouve toujours quelqu'un dans son entourage qui ne trouve pas mieux à faire que de dissuader les jeunes mamans. Et plus le temps passe, plus je me rends compte que j'ai bien fait de n'en faire qu'à ma tête en n'écoutant pas mon entourage proche comme lointain. J'avais décidé enceinte de m'en remettre à cette chose merveilleuse que Dame Nature nous a gracieusement offert : l'instinct. Et c'est plutôt réussi! Ceci dit, ça ne suffit pas.
Je m'explique pour les toutes jeunes mamans inquiètes et les futures mamans  qui se sentent concernées par le sujet : ma fille a 5 mois, c'est un beau bébé bien potelé, et bien que la diversification alimentaire ait commencé depuis peu, je l'allaite toujours. Si ça paraît être un exemple d'allaitement réussi, c'est parce que j'ai persévéré les premiers temps... Etant mal renseignée car j'avais raté mon cours de préparation à la naissance qui traitait ce sujet, j'ai été confronté à la naissance de ma fille à certains maux qui ont failli me décourager.
Pour vous épargner certains moments de doutes, de tortures introspectives Mlles et Mesdames, j'ai décidé de vous écrire ici, ce que beaucoup ne disent pas par peur de passer pour des "mauvaises mères" ou pour tous les qualificatifs que M. ou Mme Toutlemonde peuvent bien utiliser quand il est question de descendre un être humain qui doute de soi.


Alors, Mlles, Mmes, je vous l'écris, et je n'ai aucunement honte de l'écrire, l'allaitement c'est merveilleux, comme vous l'a sûrement dit votre super copine Vaness' qui a son bout'chou dans les bras ... mais ce qu'elle omet de préciser, c'est qu' avant tout, si c'est un acte de fusion inégalée entre la mère et son bébé, ça reste un acte qui nécessite une générosité certaine, un dévouement qui parfois, surtout sur les débuts peut nous mettre à rude épreuve. Et c'est une maman qui a failli ne pas allaiter qui vous l'écris, et ce, pour plusieurs raisons:



1/ L'allaitement ça peut piquer ! 

Oui, oui ... littéralement. Quand j'ai commencé à allaiter je ne m'attendais pas à avoir une sensation désagréable de picotements quand mon lait ou colostrum allait sortir... Sachez-le Mesdames, ce n'est pas une partie de plaisir. Et même à l'heure actuelle, ma fille a beau avoir cinq mois, je ressens toujours ce picotement à chaque montée de lait. Je vous rassure, on s'y fait, mais au début, c'est désagréable.


2/ L'allaitement ça provoque des contractions utérines les premiers temps.

Aaaah les premières joies de l'enfantement... ça passe aussi par cela.. Comme si l'accouchement n'était pas assez éprouvant, les premières tétées sont souvent synonymes de contractions utérines, pas très douloureuses, mais qui permettent que votre utérus reprennent une taille normale plus rapidement. La Nature est très bien faite, mais elle a omis de nous épargner parfois.


3/ Quand on positionne mal bébé, les crevasses se forment.. Et là, on pleure de douleur.

Je tenais absolument à partager mon expérience de l'allaitement car si j'ai passé le cap c'est parce que mon allaitement a été sauvé par une sage femme. Oui, oui... Je me souviens à la maternité, les premiers jours, quand ma fille est née, j'avais tendance à mal la positionner pour lui donner le sein. C'est comme ça que des crevasses se sont formées et que j'ai pleuré de douleur la deuxième nuit suivant la naissance d'Elena. Pour toutes les femmes qui vont accoucher je ne peux que trop bien vous conseiller d'acheter une crème à lanoline à mettre impérativement dans votre valise maternité, ainsi que de regarder ce lien ou cette vidéo, vous permettant de voir les différentes positions pour l'allaitement. En espérant vous éviter de vous tordre de douleur quand bébé prendra ses premières tétées.


4/ L'allaitement, ça met du temps à se mettre en place. Et c'est normal.

C'est certainement le point le plus difficile à intégrer quand on est jeune maman. Il faut savoir s'armer de patience. Et la patience, souvent, trouve ses limites quand on a sommeil.  Les premières semaines de la vie de ma fille ont été synonyme de beaucoup de joie, comme de beaucoup de moments de doute. En effet, très souvent, je lisais des témoignages de mamans dont les bébés dormaient rapidement seuls dans leur lit, ou qui dormaient plusieurs heures d'affilé sans broncher. Personnellement, ma fille a mis ma patience à très rude épreuve car j'ai dès le début eue la sensation de passer ma vie à avoir mon bébé au sein. Les premières semaines, ma fille prenait une tétée toute les heures, c'est dire si mes nuits étaient courtes et si j'étais à fleur de peau. J'ai souvent songé à la sevrer et la mettre au biberon, jusqu'au jour de son premier rendez-vous prénatal ou j'ai vu que le pédiatre me disait qu'elle avait bien pris du poids -voire "un peu trop"lol- (+1,700 kg) , et que de ce fait je pouvais commencer à espacer les tétées de 2 à 3h. Ce sentiment de fierté que j'ai ressentie m'a redonné confiance en moi, et m'a conforté dans l'idée de ne pas écouter mon entourage qui me disait de la mettre au biberon car elle demandait trop souvent, surtout en période de pic de croissance.

Mesdames, sachez une chose. Ce n'est pas que vous manquez de lait. C'est que votre lactation s'adapte aux besoins de votre bébé, et que de toute évidence, si bébé réclame beaucoup dans ses périodes dites "pics de croissance" votre lait va ensuite s'enrichir pour s'adapter à ses besoins nutritionnels. Faites vous confiance, adoptez une attitude zen. Dans ces périodes difficiles où bébé réclame beaucoup le sein, n'hésitez pas à vous poser avec bébé dans votre lit ou canapé, devant la tv ou avec votre bouquin favori, et allaitez à la demande. Au bout de deux ou trois jours, tout rentrera dans l'ordre.


5/ L'allaitement en public : ça gène certains passants.

Malheureusement, le corps de la femme est souvent instrumentalisé comme un objet, et, là où voir une paire de seins pour vendre des yaourts ça ne choque plus grand monde, vous trouverez parfois, un petit quota de personnes bien-pensantes qui font la guéguerre aux mamans qui allaitent en public. Le débat fait souvent rage sur les réseaux sociaux, sur la toile, personnellement je ne saurais que trop vous prévenir de certains regards accusateurs pour les avoir quelque fois subis. Mais dans tous les cas, vous n'avez pas à rougir Mesdames car l'allaitement -aussi difficile soit-il dans les débuts- reste un acte d'amour réciproque et de partage unique avec votre bébé. Ne vous privez pas d'une si belle chose à cause d'une poignée d'abrutis qui sont noyés dans leur propre obscurantisme. N’hésitez pas à prendre avec vous une petite couverture pour vous cacher quand vous donnez le sein dehors, vous verrez qu'il est possible d'allaiter dans la pudeur et sans encombre. Ne vous inquiétez pas du regard des autres. L'important, c'est vous et votre bébé.


6/ La montée de lait, c'est pas très sexy.

Si l'on m'avait dit, il y a deux ans, qu'en dormant en tenue d'Eve, je serais réveillée par un micro jet de lait sur la figure... j'aurais explosée de rire. Ceci dit, quand ça arrive en pleine  phase de sommeil paradoxal, je peux vous garantir que ce n'est pas très drôle. Moralité : toute maman allaitante a comme seconde peau ses soutiens-gorges et coussinets d'allaitement. N'en déplaise à vous Messieurs qui devrez vous contenter de voir votre Chère et Tendre dans des ensembles certes pas très sexy, mais qui auront le mérite de prévenir tout risque d'arrosage automatique (car même pendant les câlins, la lactation adore être un élément perturbateur ;) ).


Ma liste non exhaustive rédigée, je tiens à rajouter tout de même que malgré ces petits désagréments, l'allaitement est pour moi une expérience magnifique qui m'a aidé à apprendre le vrai sens du mot "donner". Aussi contraignant soit-il, il m'a permis d'instaurer une relation mère/fille très fusionnelle et pour rien au monde je ne reviendrais sur cela. Je suis fière d'avoir persévéré, bien que je puisse comprendre que cela en décourage plus d'une. 
Pour tout renseignements techniques je ne peux que vous renvoyer sur un site qui m'a beaucoup aidé dans les premiers temps, celui de la Leche league qui je pense est une excellente référence en la matière.

Voila pour ma part ces quelques éléments que j'aurais aimé savoir avant d'avoir ma fille. J'espère que cet article vous a plu et si vous voyez d'autres "non dits" n'hésitez pas à partager votre expérience en commentaire ! A très vite ^^


Une maman ordinaire.

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